Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles
que nous n’osons pas,

c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles

Sénèque (4 av. J.-C. – 65 ap. J.-C.)
19 avril 2018

Résistances au changement dans le coaching

Parce que nous sommes tous, à des degrés divers, confrontés aux résistances psychiques, j’ai choisi ce thème pour débuter ma page OsezCoaching Blog.

De quoi parlons-nous exactement ?

Le phénomène des résistances dérive à l’origine de la psychanalyse. En coaching et dans les approches comportementales, on va plutôt parler de résistances au changement avec l’idée d’ici et maintenant.

Signe d’un conflit intrapsychique, la résistance révèle ma non-lucidité par rapport à ce qui m’anime. Elle s’instaure toujours entre le moi conscient et ce qu’il appréhende de voir. C’est ne pas vouloir, voire même ne pas pouvoir voir ce qui est : un aveuglement, une impossibilité, un déni. Véritable système défensif, notre ego refuse de changer pour préserver ce qu’il connaît et qui le rassure.

Présentes en chacun de nous, les résistances peuvent être liées à ce que l’on appelle les bénéfices secondaires (ou bénéfices cachés) de nos tendances névrotiques dont les manifestations vont entraver la personne dans son expression créatrice de transformation et l’empêcher de trouver son chemin dans la vie. Concrètement, elle va résister sous forme d’exagération des difficultés qui se présentent, se raconter des histoires (définition de la névrose), anticiper l’importance des obstacles avant même qu’ils n’apparaissent et paralysent ses actions, entretenir des souvenirs douloureux du passé, ruminer, se saboter et finalement ne rien entreprendre : la vie stagne, on vivote, on piétine et le temps passe.

La résistance au changement est un mécanisme d’adaptation qui nous porte à vouloir fuir les situations potentiellement ou réellement inconfortables. C’est une stratégie de survie afin d’éviter les émotions menaçantes qui troublent ou peuvent affecter notre confort, notre sécurité, nos croyances, nos valeurs, nos besoins, notre équilibre et par conséquent la recherche du plaisir.

En résumé, nous pourrions dire que, lorsque nous éprouvons des états affectifs positifs, l’énergie circule naturellement et aisément : nous fonctionnons à notre meilleur. Quand nous résistons, quand nous éprouvons des émotions négatives, le flot de notre énergie est endigué, freiné voire bloqué.

La résistance, c’est tout cela : une tentative d’aller à l’encontre de ce qui est, de geler la vie, de fuir la réalité de la souffrance.

Ni bonne ni mauvaise, la résistance est une réaction profondément ancrée de notre cerveau pour assurer notre survie et nous empêcher de souffrir.

Le spectre des résistances est aussi étendu que le phénomène humain : de très infimes, parcellaires (domaine du coaching), jusqu’aux résistances massives, voire protéiformes : la personne est toute entière dans la résistance et ne fait plus que «ça» (domaine de la psychologie voire de la psychiatrie).

L’individu peut ainsi chercher à ériger des barrages, vouloir tout contrôler, croyant à tort empêcher la souffrance :

Jusqu’où est-il prêt à aller pour empêcher sa vie de s’exprimer ?

Jusqu’à quel point est-il disposé à empêcher son existence de se déployer, à l’étouffer et se rendre malade physiquement et psychologiquement ?

La souffrance à long terme ne sera-t-elle pas supérieure à celle qu’il veut éviter ?

Que représente le changement ?

Tout changement vient bousculer notre équilibre, l’homéostasie de notre psychisme, avec le désir inconscient d’un retour à l’état d’équilibre précédent. C’est un réflexe naturel de notre mental et de notre organisme tout entier. Il est souvent plus facile de conserver une organisation connue, même dysfonctionnelle que d’affronter une période de turbulences avec des incertitudes, des perturbations émotionnelles et du stress car tout changement génère de la résistance. La perte des points de repère antérieurs est source de remise en cause et d’interrogation.

Le changement est vu en termes de coûts (effort, abandon des habitudes, compétence à acquérir) et de gains (satisfaction, plaisir). La résistance apparaît si les coûts sont supérieurs aux gains susceptibles d’être escomptés.

En coaching, on travaille avant tout sur le présent et le comment ; il n’y a que peu de recherches dans le passé contrairement à la psychanalyse. Comme l’explique Françoise Kourilsky dont j’ai eu l’occasion de découvrir l’enseignement à deux reprises pendant ma spécialisation en Santé Publique et plus tard en me formant au coaching : « la personne qui vient solliciter un conseil exprime souvent, inconsciemment, une attente paradoxale : certes, elle voudrait que cela change, mais sans changer ; elle vous demande comment faire mieux qu’elle ne fait, mais elle aimerait toutefois que vous lui assuriez qu’elle fait bien quand même. Si jamais vous tombiez dans le piège inconscient qu’elle vous tend et que vous critiquiez sa démarche, elle risque de se sentir atteinte ; d’ailleurs elle ne vous écoute déjà plus vraiment, mobilisée qu’elle est à vous expliquer qu’elle ne peut faire autrement » – Du désir au plaisir de changer, Ed. Dunod (2016) p. 239

Mon rôle de coach certifiée en Ennéagramme est de vous accompagner, un pas après l’autre, à prendre conscience de vos freins et de vos blocages comme de vos forces et de vos talents. Les exercices proposés permettent d’ébranler vos croyances et de pointer vos résistances avec l’idée de travailler à leur évolution.
En ce qui me concerne, la découverte de mon type

Ennéagramme a joué un rôle important dans l’identification et l’acceptation de mes forces comme de mes faiblesses. J’ai réalisé de quelle façon le mode d’attention que j’avais privilégié depuis l’enfance avait encore tendance à se mettre en place pour filtrer les informations et les évènements de ma vie d’adulte. La reconnaissance de cette motivation inconsciente m’a permis de prendre du recul sur mon fonctionnement intérieur et d’expérimenter d’autres paires de lunettes pour appréhender le monde. Désormais plus clairvoyante et lucide en ce qui concerne mes mécanismes défensifs et mes résistances, j’ai compris combien l’observation de soi représente l’étape décisive d’un processus de transformation personnelle.

 

Je ne suis pas ce qui m’est arrivé, je suis ce que je choisis de devenir

C.G. JUNG

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